Avenant 7 kiné 2026 : cotation, nomenclature et installation
Revalorisations reportées au 1er janvier 2026 et avenant 8 au 28 mai : les coefficients, la nomenclature et le calendrier qui s'appliquent vraiment.
Si vous cherchez ce qui s’applique aujourd’hui à vos cotations, une précision s’impose d’emblée : les revalorisations attendues au 1er juillet 2025 n’ont pas eu lieu à cette date. Elles ont été suspendues, puis appliquées au 1er janvier 2026. Voici le point complet sur l’avenant 7, l’avenant 8, la nomenclature et les aides à l’installation, avec les montants.
Pourquoi les revalorisations de juillet 2025 ont été reportées à janvier 2026
Le comité d’alerte sur l’évolution des dépenses d’assurance maladie a rendu son avis le 18 juin 2025, estimant un risque de dépassement du seuil d’alerte. Cette procédure entraîne automatiquement la suspension de toutes les mesures de revalorisation prévues dans l’année, en application de l’article L. 162-14-1-1 du code de la Sécurité sociale.
Conséquence : les mesures tarifaires de l’avenant 7 attendues au 1er juillet 2025 sont entrées en vigueur le 1er janvier 2026. Une exception, et elle compte pour votre facturation : la simplification des indemnités forfaitaires de déplacement, elle, est bien restée effective au 1er juillet 2025.
Les coefficients revalorisés depuis le 1er janvier 2026
La valeur de la lettre clé est unique et n’a pas changé : 2,21 € en métropole, 2,43 € dans les départements d’outre-mer, pour l’AMK, l’AMC et l’AMS. Ce qui bouge, ce sont les coefficients.
Actes anciennement cotés AMS 7,5 (RAM, RAO, RSC, RSM, RIC, RIM, VIM, VIC, VSM, VSC, DRA, APM) : revalorisation de 0,9 point en deux étapes. La première, +0,6 point, porte le coefficient de 7,5 à 8,1, soit environ 17,90 € au lieu de 16,57 € (+1,33 € par acte). La seconde, +0,3 point, est prévue au 1er juillet 2027 et portera le coefficient à 8,4.
Suppléments de kinébalnéothérapie : +1,3 point de coefficient, soit +2,87 € sur le supplément en piscine comme sur celui en bassin. Le supplément en piscine passe ainsi à un coefficient de 3,5, soit 7,74 €.
Rééducation de la déambulation du sujet âgé : l’acte coté AMK/AMC 6 est supprimé et remplacé par un acte RPE 8,5, soit 18,79 € au lieu de 13,26 €.
Retenez le mécanisme plutôt que les montants : ce qui différencie la rémunération de deux actes n’est pas la lettre clé, qui vaut 2,21 € pour toutes, mais le coefficient attaché à l’acte.
L’avenant 8 : la revalorisation des AMS 9,5 avancée au 28 mai 2026
L’avenant 8 à la convention a été conclu le 28 novembre 2025. Son objet est ciblé, et il reste incompréhensible tant qu’il n’est pas rattaché au calendrier de l’avenant 7.
L’avenant 7 prévoyait +0,3 point de coefficient au 1er juillet 2026 pour les actes anciennement cotés AMS 9,5, c’est-à-dire les lettres clés VIC, TER (rééducation multiterritoire) et APM (amputations). L’avenant 8 avance cette étape au 28 mai 2026.
Si votre patientèle comporte des rééducations multiterritoires ou des suites d’amputation, la vérification vaut le quart d’heure qu’elle demande : la mesure s’applique depuis la fin mai, et une facturation restée sur l’ancien coefficient représente un manque à gagner silencieux, acte après acte.
Ce qui est bien entré en vigueur au 1er juillet 2025 : l’indemnité IFS
Les indemnités forfaitaires de déplacement spécifiques ont été simplifiées, et cette mesure n’a pas été reportée. Les codes IFO, IFR, IFN, IFP et IFV sont supprimés, remplacés par un code unique, IFS, d’un montant de 4 €.
L’IFS s’applique à un périmètre précis : la rééducation de tout ou partie de plusieurs membres ou du tronc et d’un ou plusieurs membres, les rééducations des conséquences d’affections rhumatismales inflammatoires, celles des conséquences d’affections neurologiques et musculaires, la rééducation des maladies respiratoires, et les actes de l’article 9 du chapitre II du titre XIV. L’indemnité IFD reste en vigueur pour les actes non concernés.
Les aides à l’installation en zone très sous-dotée
L’avenant 7 a relevé les montants des trois contrats démographiques, le CACCMK, le CAIMK et le CAMMK, les a réservés aux zones « très sous-dotées » et a supprimé l’annexe qui portait encore l’ancien contrat incitatif (CIMK). Un complément s’y ajoute pour l’accueil d’un stagiaire.
Leurs montants, leurs conditions d’adhésion, le calendrier de versement et la règle de proratisation par volume d’actes sont détaillés dans notre article dédié : aides à l’installation kiné : montants et conditions.
La nomenclature : 80 actes, et une vingtaine de lettres clés
C’est le changement de fond de l’avenant 7, et il est antérieur aux revalorisations. La nomenclature ne regroupe plus les actes par grande catégorie d’affection : elle décrit 80 actes, chacun avec sa propre association lettre clé et coefficient. Les libellés anciennement cotés AMS ont été redécrits un par un.
D’où la vingtaine de lettres clés qui ont remplacé l’AMS : APM pour les amputations, ARL pour les affections respiratoires, maxillo-faciales et ORL, DRA pour les déviations du rachis, NMI pour les affections neuromusculaires et inflammatoires, PLL pour les soins palliatifs, RAB pour la rééducation abdominale et périnéo-sphinctérienne, RAM et RAO pour le rachis, RAV pour les affections vasculaires, TER pour les rééducations multiterritoires, et d’autres.
L’AMK n’a pas disparu, et c’est important pour trois catégories d’actes qui reviennent chaque semaine : les bilans, dont le bilan diagnostic kinésithérapique, les suppléments de kinébalnéothérapie, et les actes de pédicure-podologie.
Sur le calendrier, une précision utile : la facturation avec les nouvelles cotations est obligatoire depuis le 1er juin 2024, et les tarifs associés sont en vigueur depuis le 22 février 2024.
Où vérifier un coefficient, et pourquoi à la source
Les tarifs conventionnels dépendent de votre lieu d’exercice, et les coefficients circulent beaucoup, souvent recopiés d’une année sur l’autre sans être remis à jour. Les articles qui affichent une table complète de cotations sont précisément ceux qui vieillissent le plus mal, et le report de juillet 2025 en est la démonstration.
Les références à garder en favori :
la nomenclature des actes de kinésithérapie sur ameli.fr, qui donne le fichier des 80 actes et leurs libellés ;
les tarifs conventionnels, qui donnent les valeurs applicables à votre secteur ;
la liste des avenants à la convention, pour les dates d’entrée en vigueur ;
le livret officiel de l’avenant 7 publié par l’Ordre, qui détaille acte par acte les coefficients et les contrats démographiques.
D’autres évolutions à anticiper concernent le numérique : vos obligations d’alimentation du DMP et le déploiement de l’accès direct en CPTS.
Ce que la nomenclature exige de votre bilan
Il reste une conséquence que la lecture d’un avenant laisse rarement voir. Si chaque acte porte désormais un libellé propre, alors la précision de votre bilan conditionne la justesse de votre cotation. Coter une rééducation multiterritoire suppose que les territoires traités sont décrits. Coter une rééducation respiratoire suppose que l’indication figure au dossier. La traçabilité du soin n’est plus seulement une sécurité en cas de contrôle : elle devient la matière première de votre facturation.
C’est le point où l’organisation du cabinet rejoint la nomenclature. Un bilan rédigé le soir, de mémoire, trois patients plus tard, décrit moins bien qu’un bilan rédigé à partir de ce qui a réellement été dit et observé en séance. Markus transcrit la consultation et rédige le compte rendu dans votre trame, à partir de vos mots. Vous relisez, vous ajustez, vous validez. Markus rédige, il ne décide pas : la cotation reste votre acte professionnel, et la description sur laquelle vous l’appuyez devient simplement plus fidèle.
Si vous comparez actuellement les outils du marché, nous tenons à jour un comparatif des logiciels pour kinésithérapeutes, et la page Markus pour les kinésithérapeutes détaille ce que la transcription change sur une journée de cabinet.
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Mis à jour le 13 août 2026. Les dates et montants cités proviennent des pages de l’Assurance Maladie et du livret officiel de l’avenant 7 publié par l’Ordre, consultés à cette date. Les tarifs conventionnels dépendant du lieu d’exercice, vérifiez la valeur applicable à votre secteur sur ameli.fr.




