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    Actualités du métier

    Aides à l'installation kiné 2026 : montants et conditions

    Équipe Markus10 septembre 20269 min de lecture

    CACCMK 49 000 €, CAIMK 34 000 €, CAMMK 4 000 € par an : les trois aides à l'installation en zone très sous-dotée, leurs conditions et leur versement.

    Aides à l'installation kiné 2026 : montants et conditions

    Trois contrats, trois situations, et des montants qui vont de 4 000 € par an à 49 000 € sur cinq ans. Si vous vous installez, créez ou reprenez un cabinet en zone « très sous-dotée », l’Assurance Maladie verse une aide forfaitaire. On parle souvent de prime d’installation ; le terme officiel est « contrat », et la nuance compte, parce qu’il s’agit d’un engagement réciproque et non d’un versement sans condition. Voici lequel des trois vous concerne, ce que vous toucherez réellement, et ce que vous signez en échange.

    La condition qui commande tout : la zone

    Aucun de ces trois contrats n’existe en dehors des zones classées « très sous-dotées » par l’agence régionale de santé. Ce n’est pas un critère parmi d’autres, c’est la porte d’entrée. Un cabinet situé à quelques kilomètres d’une zone éligible n’ouvre aucun droit.

    Trois voies pour vérifier votre commune, et aucune n’est un annuaire privé :

    • rezonekine.ameli.fr, la carte du zonage publiée par l’Assurance Maladie pour les masseurs-kinésithérapeutes : on y cherche sa commune ;

    • le site de l’ARS de votre région, qui publie l’arrêté de zonage ;

    • votre caisse d’assurance maladie de rattachement, c’est-à-dire votre CPAM.

    Une précision qui évite une déconvenue : chaque contrat n’est applicable dans une région qu’à compter de la publication de l’arrêté de zonage pris par le directeur général de l’ARS, au titre de l’article L. 1434-7 du code de la santé publique. Être en zone très sous-dotée et pouvoir signer ne sont donc pas exactement la même chose. Votre caisse tranche ce point en un appel.

    Quel contrat pour votre situation

    Les trois contrats ne sont pas cumulables entre eux. Le bon réflexe est de partir de ce que vous faites, pas du montant. Les conditions et les montants qui suivent sont ceux publiés par l’Assurance Maladie sur sa page aides à l’installation et au maintien de l’activité en zones très sous-dotées.

    • Vous créez ou vous reprenez un cabinet principal dans la zone : c’est le CACCMK, jusqu’à 49 000 €. Vous pouvez exercer seul ou en groupe. Une reprise n’ouvre droit au contrat qu’en cas de cessation totale d’activité du titulaire.

    • Vous rejoignez un cabinet déjà existant dans la zone : c’est le CAIMK, jusqu’à 34 000 €. Attention, celui-ci suppose un exercice en groupe ou pluriprofessionnel : il n’est pas ouvert à une installation en solo.

    • Vous exercez déjà dans la zone et vous voulez y rester : c’est le CAMMK, 4 000 € par an. C’est le seul des trois qui se renouvelle.

    ContratVotre situationMontantDuréeExercice en groupe
    CACCMKvous créez ou reprenez un cabinet principaljusqu’à 49 000 €5 ans, non renouvelablesnon exigé (seul ou en groupe)
    CAIMKvous rejoignez un cabinet déjà existantjusqu’à 34 000 €5 ans, non renouvelablesexigé
    CAMMKvous exercez déjà dans la zone et vous y restez4 000 € par an3 ans, renouvelableexigé, ou recours régulier à un remplaçant

    Les trois contrats ne sont pas cumulables. Pour le CACCMK et le CAIMK, les montants indiqués sont des plafonds, atteints à partir d’un volume d’actes : voir la règle de proratisation plus bas. Le CAMMK, lui, n’est pas proratisé. Certaines ARS majorent par ailleurs ces montants dans les zones qu’elles jugent les plus déficitaires : demandez le contrat-type régional à votre caisse.

    CACCMK : jusqu’à 49 000 € pour créer ou reprendre un cabinet

    Le contrat d’aide à la création de cabinet dure 5 ans, non renouvelables. L’aide est versée en quatre fois :

    • 30 000 € à la signature (année N) ;

    • 9 000 € en année N+2, au titre de l’année N+1 ;

    • 5 000 € en année N+3, au titre de N+2 ;

    • 5 000 € en année N+4, au titre de N+3.

    Pour y adhérer, vous devez avoir créé ou repris un cabinet principal en zone très sous-dotée dans l’année précédant votre demande, ou avoir été collaborateur ou assistant libéral installé dans une telle zone dans les trois années précédentes. Si vous exercez seul, vous vous engagez à recourir régulièrement à un remplaçant pour assurer la continuité des soins. Si vous exercez en groupe, il faut un contrat validé par l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes, avec au moins deux praticiens conventionnés exerçant dans les mêmes locaux.

    Le livret officiel de l’avenant 7 publié par l’Ordre précise que ce contrat est également ouvert aux masseurs-kinésithérapeutes dont l’activité s’exerce exclusivement au domicile des patients. Faites confirmer ce point par votre caisse si c’est votre cas.

    CAIMK : jusqu’à 34 000 € pour rejoindre un cabinet existant

    Le contrat d’aide à l’installation dure lui aussi 5 ans, non renouvelables, et suit le même rythme de versement, avec un premier acompte plus faible :

    • 15 000 € à la signature (année N) ;

    • 9 000 € en année N+2 ;

    • 5 000 € en année N+3 ;

    • 5 000 € en année N+4.

    Deux conditions le distinguent nettement du CACCMK, et ce sont elles qui déterminent votre éligibilité : l’installation doit se faire dans un cabinet déjà existant, et vous devez exercer en groupe ou en exercice pluriprofessionnel. L’adhésion intervient dans l’année qui suit l’installation.

    CAMMK : 4 000 € par an pour rester dans la zone

    Le contrat d’aide au maintien d’activité verse 4 000 € par an pendant 3 ans, et il est renouvelable par tacite reconduction. C’est le seul des trois qui ne suppose ni installation ni création : il s’adresse au praticien déjà en place.

    Là aussi, l’exercice en groupe ou pluriprofessionnel est demandé. Si vous exercez seul, la condition est remplie en recourant régulièrement à un remplaçant pour la continuité des soins. En contrepartie, vous vous engagez à poursuivre votre activité dans la zone pendant au moins 3 ans et à y réaliser 50 % de votre activité.

    Ce que « 49 000 € » veut vraiment dire : la règle de proratisation

    C’est le point qui change votre calcul, et il ne vaut que pour le CACCMK et le CAIMK. Les montants annoncés sont des plafonds, atteints à un volume d’actes donné.

    La règle est double :

    • entre 1 500 et 3 000 actes par an, l’aide est proratisée sur la base de 100 % pour 3 000 actes ;

    • pour la première année, elle est proratisée entre 1 000 et 2 000 actes, sur la base de 100 % pour 2 000 actes.

    Concrètement, un praticien qui démarre son cabinet et réalise 1 500 actes sur sa première année ne perçoit pas les 30 000 € de la première échéance dans leur totalité. Le raisonnement à tenir avant de signer n’est donc pas « combien l’aide vaut-elle », mais « quel volume d’actes puis-je tenir, dès la première année et sur cinq ans ». Votre caisse calcule le montant dû sur cette base, il n’y a pas de marge d’appréciation.

    C’est aussi la raison pour laquelle le temps que vous passez à autre chose qu’à soigner n’est pas neutre dans ce dispositif. Le seuil se franchit en patients vus, pas en heures passées.

    Salle de soin de kinésithérapie récemment installée, vide, avec une table de massage et un bureau, ouverte sur un paysage rural

    Le complément stagiaire : 300 € par mois

    Les trois contrats ouvrent droit à la même rémunération complémentaire : 300 € par mois pour l’accueil d’un étudiant stagiaire à temps plein, pendant la durée de son stage de 4ᵉ ou 5ᵉ année d’études, dans les conditions de l’article L. 4381-1 du code de la santé publique. Le montant est proratisé en cas d’accueil à temps partiel.

    Sur cinq ans, l’accueil régulier d’un stagiaire pèse plusieurs milliers d’euros : 300 € par mois de stage, qui s’ajoutent au montant du contrat sans l’entamer.

    Ce à quoi vous vous engagez

    L’aide n’est pas une subvention sans contrepartie. En signant, vous vous engagez à :

    • exercer dans la zone pendant 5 ans à compter de la date d’adhésion, ou 3 ans pour le CAMMK ;

    • réaliser 50 % de votre activité libérale conventionnée dans la zone et, pour le CACCMK et le CAIMK, justifier d’un minimum de 2 000 actes la première année, puis 3 000 actes par an les années suivantes. Le CAMMK, lui, n’impose aucun seuil d’actes ;

    • remplir les conditions vous permettant de percevoir le forfait d’aide à la modernisation et à l’informatisation du cabinet ;

    • informer votre caisse de votre intention de cesser votre activité dans la zone avant l’échéance du contrat.

    Le deuxième engagement mérite d’être lu deux fois : il porte à la fois sur un volume et sur une répartition géographique. Un praticien qui atteint 3 000 actes mais dont une part majoritaire est réalisée hors de la zone ne remplit pas la condition.

    Quand l’argent est versé

    La première échéance du CACCMK et du CAIMK est versée à la signature du contrat. Les versements suivants interviennent avant le 30 avril de l’année concernée, au titre de l’année précédente, selon le livret officiel de l’avenant 7 publié par l’Ordre. Pour le CAMMK, le montant dû est calculé au terme de chaque année civile.

    Le décalage compte dans un plan de trésorerie : après l’acompte de signature, la deuxième échéance arrive en année N+2. L’année N+1 ne donne lieu à aucun versement.

    Ce qui a changé : le CIMK a disparu

    Beaucoup d’articles encore en ligne décrivent le « contrat incitatif masseur-kinésithérapeute », le CIMK, créé par l’avenant 3 en 2011. Les trois contrats ci-dessus l’ont remplacé dès l’avenant 5, en 2017 ; l’avenant 7 a supprimé l’annexe 8 qui le portait encore, relevé les montants et réservé les contrats aux seules zones « très sous-dotées », là où l’avenant 5 les ouvrait aussi aux zones « sous-dotées ». Si vous lisez une page qui parle encore d’un contrat incitatif unique, ou qui annonce ces aides en zone simplement « sous-dotée », elle décrit un dispositif fermé.

    Les contrats en cours signés sous l’avenant 5 ne sont pas annulés pour autant : un avenant tenant compte de la revalorisation peut être conclu, à condition que la zone reste classée « très sous-dotée ».

    Comment adhérer, concrètement

    Il n’y a ni téléservice dédié, ni formulaire en ligne à remplir seul : l’adhésion passe par votre CPAM de rattachement, que vous contactez directement. C’est elle qui vérifie le classement de votre commune, la date de publication de l’arrêté de zonage dans votre région, et votre situation d’exercice.

    Trois éléments à préparer avant l’appel : la date exacte de création, de reprise ou d’installation, la forme d’exercice (seul, en groupe, en structure pluriprofessionnelle, avec le contrat validé par l’Ordre le cas échéant), et une estimation de votre volume d’actes annuel, puisque c’est lui qui détermine le montant réellement versé.

    Et le reste de l’avenant 7

    Les montants ci-dessus ne sont qu’une partie de l’avenant 7. Les cotations, la nomenclature redécrite en 80 actes et le calendrier des revalorisations, dont le report du 1er juillet 2025 au 1er janvier 2026, sont détaillés dans notre article sur l’avenant 7 kiné en 2026. Si vous équipez un cabinet qui démarre, notre comparatif des logiciels kiné pose les critères de choix.

    Le volume d’actes, c’est du temps

    Ce dispositif récompense un volume d’activité soutenu sur cinq ans, dans une zone où la demande de soins dépasse l’offre. Le point de friction n’est pas le nombre de patients disponibles, il est ailleurs : dans les bilans, les comptes rendus et les courriers qui s’accumulent le soir.

    C’est exactement là que Markus intervient. La séance est transcrite, le bilan est rédigé selon votre trame, et vous relisez. Markus rédige, il ne décide pas, et il ne remplace pas votre logiciel de facturation : le forfait de modernisation dépend de votre équipement agréé, pas de nous. Essayez Markus gratuitement et jugez sur votre premier bilan.