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    Actualités du métier

    Partenariat FFMKR × Markus Santé : ce qui change pour les kinés

    Équipe Markus24 avril 20267 min de lecture

    Le partenariat FFMKR × Markus Santé acte l'entrée de l'IA kiné dans une phase d'encadrement collectif. Les 4 axes décodés pour les kinés libéraux.

    Partenariat FFMKR × Markus Santé : ce qui change pour les kinés

    Introduction

    En mars 2026, la FFMKR (Fédération Française des Masseurs-Kinésithérapeutes Rééducateurs) et Markus Santé ont signé un partenariat autour de l'intelligence artificielle en kinésithérapie. La presse métier a repris l'annonce. Les communiqués ont circulé. L'information est là.

    Mais une annonce n'est pas une analyse. Pour un·e kinésithérapeute libéral·e, la vraie question n'est pas « qui signe avec qui ». Elle est plus concrète : qu'est-ce qui change dans mon cabinet, et pourquoi maintenant. Ce partenariat arrive à un moment précis. Cet article replace la signature dans son contexte, décode ses quatre axes, et explique ce qu'un·e kiné peut raisonnablement en attendre.

    Ce qui vient d'être signé

    Le 6 mars 2026, la FFMKR, présidée par Sébastien Guerard, et Markus Santé, édité par BraimIA (Aix-en-Provence), ont rendu public un partenariat structuré sur l'usage de l'intelligence artificielle en kinésithérapie. Le communiqué pose l'intention en une phrase :

    « En travaillant de manière concertée, la FFMKR et Markus Santé entendent démontrer que l'IA peut devenir un levier au service de la qualité des soins, de la pertinence clinique et de l'amélioration des conditions d'exercice. »

    Trois mots comptent dans cette phrase : qualité, pertinence, conditions d'exercice. L'IA n'est pas présentée comme un outil de productivité brute. Elle est cadrée comme un levier au service du soin. C'est précisément ce cadrage qui rend ce partenariat intéressant.

    Les quatre axes du partenariat, en version lisible

    Le communiqué liste quatre axes. Voici ce que chacun engage, en termes de travail réel.

    1. Développer des actions de formation et d'acculturation à l'IA à destination des kinésithérapeutes. Premier axe, premier signal. Avant de parler d'outils, on parle d'acculturation. Un·e kiné qui n'a jamais manipulé d'IA de manière encadrée a besoin de comprendre ce qu'elle fait, ce qu'elle ne fait pas, et comment la superviser. C'est l'entrée du pipeline.

    2. Organiser des ateliers pratiques et échanges métier autour des usages concrets. La formation au sens traditionnel ne suffit pas. Les ateliers métier, entre pairs, sur des cas issus du cabinet, sont la seule façon de faire émerger des usages qui tiennent la route. C'est aussi là que les limites des outils apparaissent concrètement.

    3. Contribuer à la définition d'un cadre professionnel clair pour l'utilisation des outils d'intelligence artificielle. C'est le cœur politique du partenariat. Une fédération professionnelle, par définition, est légitime pour dire ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas dans l'exercice du métier. Sur l'IA, ce cadre manquait. Il se construit.

    4. Favoriser une intégration progressive et responsable des innovations numériques. Le mot-clé est progressive. Pas de bascule brutale, pas de déploiement en force. L'idée est d'installer l'IA dans les pratiques à un rythme qui laisse le temps de corriger, de former, d'ajuster.

    Ces quatre axes dessinent une logique : former → pratiquer → cadrer → intégrer. Dans cet ordre.

    Quatre carnets de notes professionnels alignés sur une table en bois clair — représentation des quatre axes du partenariat.

    Un partenariat qui arrive à un moment précis

    Trois dates, à quelques mois d'écart, dessinent une séquence cohérente.

    • 6 mars 2026 — publication du communiqué FFMKR × Markus Santé.
    • 10 mars 2026 — convention de coopération signée entre la CNIL (Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés) et la HAS (Haute Autorité de Santé) sur l'encadrement de l'IA en santé.
    • 2 août 2026 — date d'application des obligations « haut risque » du règlement européen sur l'intelligence artificielle, l'AI Act (règlement UE 2024/1689).

    Ce n'est pas une coïncidence calendaire. C'est une fenêtre. En quelques mois, l'écosystème IA santé passe de l'expérimentation libre à l'encadrement formalisé. Les professions qui s'organisent maintenant arrivent préparées. Celles qui attendent subissent.

    Le partenariat FFMKR × Markus Santé s'inscrit dans cette fenêtre. Il matérialise, côté kinés, le choix de cadrer depuis l'intérieur plutôt que de laisser chaque cabinet se débrouiller avec les outils du marché.

    Ce que ça change concrètement pour un·e kiné libéral·e

    L'annonce peut sembler lointaine : communiqués, conventions, règlements européens. En pratique, trois changements sont observables à court terme.

    Un interlocuteur collectif sur les outils d'IA. Jusqu'ici, chaque kinésithérapeute se retrouvait seul·e face aux éditeurs et à leurs démonstrations. Un partenariat fédération × éditeur crée un espace de négociation collectif sur les usages, les limites, les garanties. Ce n'est pas rien. C'est la différence entre un marché d'un côté et un cadre professionnel de l'autre.

    Un accès à de la formation encadrée. L'axe 1 du partenariat engage les deux parties à produire des actions de formation. L'attendu n'est pas un webinaire promotionnel. Il s'agit de contenus construits avec la fédération, lisibles pour un·e kiné qui découvre l'IA, et qui expliquent aussi bien ce que l'outil fait que ce qu'il ne doit pas faire.

    Une logique d'intégration progressive. L'axe 4 assume un principe simple : pas de bascule brutale. Pour un·e libéral·e qui craint de perdre du temps au lieu d'en gagner pendant une phase de déploiement, c'est un engagement qui compte. L'intégration se pense par étapes, en partant d'un périmètre restreint (par exemple le compte rendu), puis en élargissant si la pratique le valide.

    En résumé : moins de solitude face aux outils, plus de formation labellisée par la profession, et un rythme d'adoption compatible avec un cabinet qui tourne.

    Ce que ça engage côté Markus Santé

    Un partenariat avec une fédération professionnelle n'est pas un contrat commercial habillé. C'est un engagement de redevabilité. Sur les axes 1 et 2, cela implique de consacrer du temps et des ressources à la formation et aux ateliers, pas seulement à la vente. Sur l'axe 3, cela implique d'accepter que le cadre d'usage soit co-défini, pas dicté par l'éditeur. Sur l'axe 4, cela implique de renoncer à la logique du déploiement massif en faveur d'une intégration par étapes.

    Ces engagements changent le contrat moral par rapport à un pur rapport client-fournisseur. Ils seront jugés à l'usage, sur la durée du partenariat. C'est la règle de ce type d'accord.

    Ce qu'il faut retenir

    • Un partenariat structuré entre une fédération professionnelle kiné et un éditeur d'IA est un fait nouveau dans l'écosystème santé français.
    • Les quatre axes (formation, ateliers, cadre professionnel, intégration progressive) dessinent une logique cohérente : former et pratiquer avant de déployer.
    • La séquence des trois dates de 2026 (FFMKR-Markus Santé, CNIL-HAS, application haut risque de l'AI Act) fait entrer l'IA kiné dans une phase d'encadrement collectif.
    • Pour un·e kiné libéral·e, la lecture utile est simple : un interlocuteur collectif, un accès à la formation, et un rythme d'intégration qui respecte la réalité du cabinet.

    Pour aller plus loin

    #ethique-ia#formation-adoption#liberal-paramedical