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    Bilan prévention kiné : rédiger la fiche et le PPP

    Équipe Markus7 min de lecture

    Bilan prévention kiné : rubriques de la fiche de repérage et du PPP, cotation RDI et trames Markus pour les rédiger après la consultation.

    Bilan prévention kiné : rédiger la fiche et le PPP

    Depuis le 1er octobre 2026, le masseur-kinésithérapeute peut réaliser le bilan de prévention de l'Assurance Maladie. Il en tire deux documents : une fiche de repérage des risques, que le professionnel peut choisir de remplir, et un plan personnalisé de prévention (PPP), rédigé avec le patient. Cet article décrit leurs rubriques, ce que le bilan permet de facturer, ce qu'il ne doit pas devenir, puis la manière dont Markus rédige ces deux documents à partir de la consultation.

    Aucun cas patient n'y figure, réel ou inventé : seules des structures et des formulations publiées par les autorités sont reprises, avec leur source, et les adaptations de notre fait sont signalées comme telles.

    Ce que le kiné peut faire depuis le 1er octobre 2026

    • Qui : les médecins, les sages-femmes, les infirmiers, les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent réaliser ces entretiens (arrêté du 28 juillet 2026, article 4). L'Assurance Maladie précise que les kinésithérapeutes le font à partir du 1er octobre 2026 [1][3].

    • Pour qui : les 18-25 ans, 45-50 ans, 60-65 ans et 70-75 ans, bornes incluses [2][3].

    • Combien de temps : une durée prévue entre 30 et 45 minutes, en trois étapes : repérage des risques, priorisation conjointe d'un ou deux sujets, rédaction du PPP [1].

    • Cotation : code acte RDI, 30 euros en métropole et 31,50 euros dans les départements et régions d'outre-mer, sans dépassement d'honoraire, pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie. Le bilan n'est facturable qu'une fois par personne et par tranche d'âge, quel que soit le professionnel qui le réalise [1][3]. Selon l'arrêté, il n'est facturable que par les kinésithérapeutes ayant adhéré à la convention nationale [3].

    • Cumul : aucun acte ni majoration en sus. Seuls les frais de déplacement restent facturables lorsque le bilan a lieu à domicile, dans les conditions de votre convention [1][3].

    • Formalités : aucun enregistrement n'est requis pour réaliser des bilans ; l'inscription à l'annuaire de santé.fr est facultative [1].

    Les deux documents du bilan

    Bureau de cabinet de kinésithérapie avec deux feuilles vierges, un stylo et un porte-bloc

    Document Rôle Qui le remplit À qui il va
    Fiche d'aide au repérage des risques Noter les facteurs de risque, les mesures et les thèmes à creuser. Le professionnel « peut choisir de la remplir » [2] Le professionnel de santé [5] Au médecin traitant, lorsqu'elle est remplie, sauf opposition du patient [1][2]
    Plan personnalisé de prévention (PPP) Fixer une ou deux priorités et les actions concrètes pour les tenir Le patient et le professionnel, en rédaction partagée [4] Le patient, qui l'a co-rédigé, et le médecin traitant sauf opposition [1][4]

    Le patient peut aussi remplir un autoquestionnaire avant le rendez-vous. Il est facultatif : le bilan peut se tenir sans lui [1].

    La fiche de repérage : les rubriques, tranche d'âge par tranche d'âge

    Les quatre fiches publiées par l'Assurance Maladie partagent un socle, puis diffèrent selon l'âge. Le socle : situation personnelle (activité, antécédents, médecin traitant), environnement social et familial, état de santé actuel, santé mentale, activité physique et sédentarité, alimentation, pratiques addictives, santé sexuelle, violences, parcours de santé (vaccinations et dépistages), santé et environnement, commentaires du professionnel, puis la décision partagée : « thématique(s) priorisée(s) pour l'intervention brève (1 ou 2) » [5].

    Tranche Ce qui s'ajoute au socle
    18-25 ans Mode de contraception, douleurs intenses au bas ventre lors des règles, recherche d'un trouble du comportement alimentaire, recherche d'endométriose
    45-50 ans Symptômes de ménopause, toux ou essoufflement, apnée du sommeil, dépistages organisés des cancers du sein et colorectal
    60-65 ans Repérage de la perte d'autonomie (programme ICOPE), facteurs de risque de chute, ostéoporose, suspicion de DMLA, en plus des rubriques ménopause, toux et apnée du sommeil
    70-75 ans Rubriques proches de celles des 60-65 ans, sans les symptômes de ménopause, avec les fractures du rachis ou du col du fémur

    À partir de 60 ans, l'Assurance Maladie présente le bilan comme « le moment idéal pour parler d'ICOPE » : ce programme de l'OMS suit six fonctions clés (mémoire, nutrition, vision, audition, bien-être, mobilité) [1]. Pour le kiné, la mobilité, les chutes et l'activité physique sont des terrains familiers ; la fiche demande en plus de relever des éléments qui relèvent d'autres professions, que vous orientez sans les prendre en charge.

    Le plan personnalisé de prévention : cinq rubriques

    Le PPP est identique pour les quatre tranches d'âge. Il comporte cinq rubriques : les priorités en santé, les freins rencontrés, les conseils et modalités pratiques, les ressources et intervenants, et les modalités de suivi [4]. Il se termine par une case que le patient coche s'il s'oppose à ce que le document soit communiqué à son médecin traitant [4].

    Les priorités doivent être réalistes et en nombre limité [4]. Le livret officiel en donne un exemple de formulation à la première personne : « Je souhaite limiter les produits transformés et sucrés dans mon alimentation au profit de plats cuisinés plus sains et moins chers » [2]. Ce n'est qu'un exemple d'alimentation : à vous d'écrire, avec le patient, les siennes.

    Structure vide, adaptée du modèle officiel : les champs patient, date et professionnel sont de notre fait, et les freins sont ceux que cite le livret [2].

    PLAN PERSONNALISÉ DE PRÉVENTION
    
    Patient : [nom, prénom] · Date : [date]
    Professionnel : [nom, profession]
    
    Mes priorités en santé (une ou deux, réalistes)
    1. [formulée par le patient]
    2. [formulée par le patient]
    
    Freins rencontrés
    [pour chaque priorité : freins socio-économiques, manque de temps, freins environnementaux, culturels ou motivationnels]
    
    Conseils, modalités pratiques
    [pour chaque priorité : quelques actions précises, convenues pendant la consultation]
    
    Ressources et intervenants
    [documents, structures, professionnels cités pendant la consultation]
    
    Modalités de suivi
    [prochain contact, rendez-vous avec le médecin traitant, auto-suivi]
    
    [ ] Je m'oppose à ce que ce document soit communiqué à mon médecin traitant.

    Le livret recommande, lorsque c'est possible, d'inciter la personne à compléter elle-même à la main les interventions prévues dans le PPP plutôt que de le lui remettre rédigé en fin d'entretien [2]. Le PPP est un document partagé avec le patient, avant d'être une pièce du dossier.

    Ce que le bilan n'est pas

    • Pas un soin. Le bilan « n'est pas prévu pour répondre à un besoin de soins identifié » ; en cas de suspicion de pathologie non suivie ou non connue, le patient est orienté vers son médecin traitant ou un autre médecin [2].

    • Pas un acte à enrichir. Rien ne peut être facturé en sus du bilan, hors frais de déplacement [1][3].

    • Pas un envoi automatique. Le PPP et la fiche doivent être transmis au médecin traitant, sauf opposition du patient, par messagerie sécurisée, par le dossier médical partagé ou par le patient lui-même [1]. Le dépôt direct depuis le logiciel de cabinet n'est pas encore généralisé pour les kinés : le livret officiel annonce une mise à niveau des logiciels d'ici 2028 [2].

    Les trames Markus pour rédiger la fiche et le PPP

    Markus propose cinq trames pour ce bilan, rangées dans la catégorie Bilan : une fiche de repérage par tranche d'âge (« Bilan prévention · 18-25 ans », « Bilan prévention · 45-50 ans », « Bilan prévention · 60-65 ans », « Bilan prévention · 70-75 ans ») et le plan personnalisé (« Bilan prévention · Plan personnalisé (PPP) »). Ce sont des aides de rédaction établies par Markus à partir des documents publiés par l'Assurance Maladie, dont Markus n'est ni l'éditeur ni un relais : elles en reprennent l'essentiel, elles ne les remplacent pas, et vous pouvez toujours utiliser les documents officiels.

    Vous choisissez la trame correspondant à l'âge de la personne, et Markus la remplit à partir de la consultation. Markus rédige, il ne décide pas : le document est un brouillon que vous relisez, corrigez et validez avant de le signer. Chaque trame donne au modèle des règles de remplissage, dont voici les principales :

    • Ne rien ajouter. La consigne est de ne reporter que ce qui figure explicitement dans la consultation, de recopier les valeurs telles qu'elles ont été données, avec la même unité, sans conversion ni reformulation, et de marquer « Non abordé » une rubrique entière qui n'a pas été traitée plutôt que de la compléter.

    • Les sujets sensibles restent au choix du patient. Pour la santé sexuelle et les violences, la consigne est de n'écrire que ce que le patient a choisi de dire, sans nommer d'auteur ni qualifier un fait juridiquement.

    • Des rappels, pas des prescriptions. Pour les vaccinations et les dépistages, la trame ne reprend pas les champs « vaccin réalisé » ou « prescription remise » : elle présente les rappels et les orientations que vous avez formulés vers le médecin traitant.

    • Chaque document garde sa fonction. Le plan d'action, les freins et les ressources relèvent du PPP, pas de la fiche de repérage. La case d'opposition à la transmission au médecin traitant figure dans le PPP : la consigne est de ne la cocher que si le patient a exprimé son opposition, ce que vous vérifiez avec lui, et elle reste lisible lorsque le document est exporté en PDF ou en Word.

    Tenir ce temps d'écriture sans en faire une charge

    Un bilan de 30 à 45 minutes qui se termine par deux documents est un temps d'échange qui se double d'un temps d'écriture. Trois repères pratiques. Les deux premiers découlent du dispositif : noter les mots du patient pour les priorités plutôt que les reformuler, et laisser le patient écrire ses actions quand il le peut. Le troisième est de notre fait : ne reporter dans la fiche que ce que la consultation a réellement abordé, un thème non traité restant marqué « Non abordé », puisque la fiche est une aide au repérage que vous pouvez choisir de remplir.

    Markus aide les kinésithérapeutes à transcrire leurs consultations et à rédiger leurs comptes rendus. Découvrir Markus pour les kinésithérapeutes. Pour les autres documents du quotidien, voir aussi notre guide du compte rendu kiné : modèles de bilan et de courrier.

    Sources

    1. Assurance Maladie, Mon bilan prévention pour les masseurs-kinésithérapeutes (consultée le 9 octobre 2026).
    2. Livret de présentation de Mon bilan prévention, publié sur ameli.fr (PDF daté du 29 juillet 2026).
    3. Arrêté du 28 juillet 2026 relatif aux effecteurs, au contenu et aux modalités de tarification des rendez-vous de prévention, JORF n°0179 du 2 août 2026, texte sur Légifrance (articles 3, 4 et 5, consultés le 9 octobre 2026).
    4. Assurance Maladie, plan personnalisé de prévention (modèle identique pour les quatre tranches d'âge).
    5. Assurance Maladie, fiche d'aide au repérage des risques (une fiche par tranche d'âge, 45-50 ans en lien).